Résolution du Conseil national du Mouvement Démocratique

UNE RENTRÉE SOCIALE MARQUÉE PAR LES CONTRADICTIONS DU POUVOIR

Le Mouvement Démocratique et Social avait exprimé ses réserves de fond sur l’opacité dont est entourée l’orientation de patriotisme économique et sur le nouveau gouvernement dont la vocation paraît être de se mettre en adéquation avec une ligne basée sur des illusions et qui peut encore masquer une forme de national-libéralisme. Tout en assumant pleinement cette position, il se félicite de certaines évolutions à l’occasion de la rentrée sociale. Même si elles ne sont pas à la hauteur des sacrifices consentis.

D’abord, le retour de nos derniers diplomates prisonniers d’un groupe terroriste au Mali constitue une satisfaction après une épreuve qui montre combien il peut, encore, être douloureux d’assumer une position de principe face à la barbarie islamiste. C’est pourtant cette attitude ferme qu’il aurait fallu avoir dans les consultations autour de la Constitution, plutôt que d’accueillir un chef des assassins et de l’ériger en personnalité nationale. C’est le refus clair du compromis avec l’islamisme qui peut nous préserver des manœuvres de l’impérialisme dans la région et des tentatives de déstabilisation du Sud de l’Algérie. C’est une telle position qui peut nourrir la construction d’un front intérieur.

Les annonces sur le terrain socio-économique traduisent, de manière forte, une percée de l’aspiration de notre peuple à rompre avec une économie néolibérale adossée à la rente et qui se justifie du compromis avec l’islamisme. La croissance considérable du chiffre d’affaire du secteur public montre que son redressement est possible. L’abrogation de l’article 87 bis laisse espérer aux travailleurs une amélioration de leurs revenus après de longues années de lutte contre l’austérité érigée en mode de gestion. Le reclassement de 150 000 employés du secteur de l’éducation nationale est lui aussi le résultat de la mobilisation des syndicats du secteur.

Tout cela est positif et montre que la mobilisation peut imposer des reculs au pouvoir. C’est aussi la lutte des associations féministes se battant pour des lois civiles égalitaires qui est consacrée par la nouvelle loi contre les violences faîtes aux femmes. Mais le sens de ces mesures, prises par un pouvoir peut être tenu par des échéances internationales, pourrait être totalement remis en cause, en voulant imposer un abandon des poursuites contre le conjoint dont l’épouse aurait pardonné les actes de violence. Face à la pression sociale c’est une manière de vider la loi de tout aspect progressiste. Et, finalement, seule une loi cadre permettrait de prendre en charge sérieusement la question.

Il est à craindre que le nouveau code du travail n’aille dans le même sens. Il porte en lui une remise en cause grave du droit de grève avec une disposition qui convient que la suspension de la relation de travail intervient de droit par l’exercice du droit de grève, même dans le cadre de la loi. Ce qui remet en cause un droit constitutionnel. Aucune disposition ne vient par ailleurs renforcer les droits de certaines catégories comme les enfants ou la sécurité et la santé des travailleurs alors qu’on assiste à une augmentation alarmante des décès dus aux accidents de travail.

Plus grave, le nouveau code du travail vient consacrer la précarité au nom de la flexibilité. Rien n’est fait pour lutter contre le travail informel qui constitue une plaie. Le contrat à durée déterminée va pouvoir se généraliser. Tout cela constitue une pression insupportable sur les salaires. Il est clair que cela indique une volonté de privilégier les intérêts des forces de l’argent qui se sont avérées comme le principal soutien du pouvoir à l’occasion de la dernière présidentielle.

Cette évolution appelle à la lucidité mais aussi au rassemblement et à la mobilisation ainsi qu’à l’action sur les terrains politique et socio-économique. La société doit faire preuve de la plus extrême vigilance pour déjouer les manœuvres d’un pouvoir qui reste accroché à des intérêts étroits et laisse persister les problèmes liés à l’Etat de droit et la démocratie. La condamnation en appel du citoyen qui avait diffusé une vidéo dénonçant le comportement de la police à Ghardaïa ou l’interdiction d’un syndicat autonome à Sonelgaz en sont des expressions spectaculaires.

Seule la rupture peut garantir que les acquis des luttes iront en s’élargissant et ne seront pas remis en cause. Pour rejeter l’arbitraire, faire mûrir et avancer résolument cette ligne de changement radical, le conseil national décide de tenir une conférence des cadres les 23,24 et 25 octobre 2014. Le MDS tiendra, avant la fin de l’année en cours, son congrès public et ouvert sur la société sur la base des résolutions adoptées à cette rencontre.

Alger, le 5 septembre 2014

Le Conseil national

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