Au Mzab se manifeste l’aspiration du peuple algérien à un Etat de droit

Les violences qui persistent dans la région du Mzab illustrent, encore une fois, l’ampleur de la crise frappant l’Algérie. Cette crise entraîne chaque jour une plus grande détérioration de la situation sociale et un accroissement du marasme culturel et idéologique et leur instrumentation. Elle révèle les graves remises en cause des acquis démocratiques et des libertés fondamentales et souligne la crise des institutions et le divorce entre l’Etat et la société. Une fois de trop, une région d’Algérie paie le prix de la dérive despotique d’un pouvoir qui joue le pourrissement pour justifier ses contradictions et ses propres limites, alors qu’il prétend au même moment participer au dénouement de la crise au Mali.

 

A Ghardaïa, chaque nouveau décès est déploré et les destructions ne laissent pas indifférents.Ici et là on dénonceles tentatives de dresser une communauté religieuse contre une autre,les divisions ethniques ou les manipulations des milieux de la drogue. En vérité, c’est pour se dédouaner de ses responsabilités quele pouvoir fait désigner des boucs émissaires. Il s’autorise, ainsi, à persister dans son attitude irresponsable de défense d’un système qui refuse de répondreaux demandes citoyennes de sécurité et d’égalité républicaine.

 

Dans le Mzab, la crise de la nature de l’Etat se conjugue et s’aggrave des frustrations identitaires qu’il serait périlleuxde particularisercomme le font certains, dans le pouvoir et l’opposition, soit par volonté d’enfermer ou de dévoyer les revendications qui s’y expriment, soit par naïveté, tant le déni identitaire touche toute la société algérienne. Heureusement, de son côté, la communauté mozabite a exprimé avec maturité et calme son engagement contre l’insécurité et pour la vérité sur les violences actuelles, en mettant au cœur de sa démarche l’exigence de consacrer la citoyenneté par le droit et la justice, aspiration de tous les habitants du Mzab et d’Algérie.

 

La violence qui frappe la communauté ibadite concerne, cependant, la Nation entière dont elle est un constituant inaliénable. Pour des raisons historiques et socioculturelles évidentes, c’est dans le Mzab que se pose, et s’exprime,plus fortement l’exigence de séparation de la politique et de la religion, le refus de voirtravestie  en conflit communautaire la revendicationcitoyenne. En rejetant l’idée d’un Etat arbitre des différents entre communautés religieuses, les manifestants mozabites affirment la légitimité de l’ibadisme, et se font ainsi les porte voix de tous ceux qui, partout à travers l’Algérie, revendiquent l’égalité en matière de conscience autant qu’en matière de traitement social. Ils se font plus largement les représentants de toutes celles et ceux qui veulent échapper à l’arbitraire et aux inégalités qui écrasent les algériens.

 

Face à la dérive que connaît le Mzab, nous sommes invités à reprendre la parole et à agir dans le sens de la sauvegarde de la Nation. Le MDS appelle à répondre au SOS solennel lancé au peuple d’Algérie et demande aux algériennes et aux algériens de rejoindre,le samedi 19 juillet à 15h30 à la Grande Poste à Alger, le rassemblement initié par le mouvement Barakat,  pour dire avec ses membres :

 

vive l’Algérie libre et démocratique

Vive l’Algérie unie et indivisible

 

Le Bureau national

Alger, le 17 juillet 2014

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