Deux démarches qui veulent prendre la société en otage

La conjoncture politique est marquée par deux initiatives similaires dans la forme comme dans le fond. Elles se laissentainsi la possibilité de faire jonction, au moment approprié, autour des intérêts liés au néo-libéralisme adossé à la rente. D’un côté, fort de sa victoire à une présidentielle biaisée,le pouvoir lance des consultations autour de la Constitution, de l’autre des personnalités et des partis masquant qu’ils assument, eux aussi, la responsabilité de la crise avec son lot de crimes barbares, de régression, de misère et de désespoir, se réunissent pour évoquer le principe d’une nouvelle transition.  Les uns comme les autres tournent le dos aux leçons de l’affrontement avec le terrorisme islamiste et font silence sur la répression qui s’abat sur tout mouvement de protestation de la société, la condamnation d’un internaute qui a fait circuler une vidéo dénonçant les agissements de policiers, le harcèlement financier du journal ElFedjr ou l’absence de débat dans les médias publics.Ils incluent dans leurs discussions aussi bien les dirigeants du parti des assassins que les représentants du parti unique ou de ses succédanés. Au nom de la réconciliation nationale ou de la plateforme de San Egidio, tous tournent le dos à l’exigence d’en finir avec l’arbitraire dont l’expression la plus spectaculaire et la plus tragique est donnée par l’amnistie accordée aux égorgeurs islamistes et à la police politique pour toutes ses atteintes aux droits de l’homme depuis l’indépendance.La constitutionnalisation de la réconciliation devient une exigence de cette pseudo-opposition qui déroule ainsi le tapis rouge à une amnistie générale.

 

Le conclave du pouvoir et celui des partis et personnalités qui en ont été exclus font l’impasse sur l’essence de la crise et veulent nier les aspirations citoyennes. Les uns et les autres espèrent détourner de précieuses énergies du combat pour une 2ème république qui consacre l’Etat de droit et la démocratie au profit de combinaison d’appareils qui favorisent les luttes sans principes pour le pouvoir. Les deux démarches prétendent vouloir sauver la Nation alors que leurs initiateurs exercent un chantage permanent sur la société et que leurs attitudes velléitaires visent à la désorienter. En vérité, les uns et les autres souhaitent bloquer les décantations en cours.  Tous misent sur la lassitude des algériennes et des algériens meurtris par l’affrontement avec le terrorisme et soumis à la répression policière.  Ils espèrent ainsi leur faire accepter un nouveau compromis quand leurs exigences sont de l’ordre de la rupture. Les uns et les autres prennent ainsi le risque de faire durer la crise et de la porter de nouveau à un niveau de dangerosité élevé pour l’unité de la Nation et l’intégrité du territoire.

 

Les inconséquences et les silences inquiétants qui marquent les deux initiatives amènent le MDS à mettre en garde contre le piège dans lequel elles veulent enfermer la société. Notre mouvement attire l’attention de toutes les forces patriotiques et démocratiques conséquentes sur la gravité des manœuvres actuelles. Ce n’est ni avec ce pouvoir, ni avec cette classe politique mais bien contre eux qu’il faut engager le changement radical. Seul le travail de mobilisation de la société peut mettre en échec l’arbitraire et déjouer les manœuvres des uns et des autres. Le MDS assumera cette tâche vitale en surmontant ses limites organiques pour permettre le débat le plus large dans la société. Il s’agit de signifier que le peuple est le seul souverain et de faire l’impasse sur toute tentative de le soumettre à une nouvelle tutelle. Il n’y a aucune autre voie pour projeter l’Algérie dans la démocratie et faire face aux défis qu’elle doit affronter.

 

Alger, le 12 juin 2014

Le Bureau national

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